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L'Actualité de la question palestinienne: Israël et la bande de Gaza


                          
         L’indépendance de l’Etat d’Israël en 1948 va entraîner une série de problèmes dont la question palestinienne. La Palestine et Israël se situent au Proche-Orient qui est l’un des points les plus chauds du globe. On assiste aux guerres israélo-arabes, au problème des réfugiés et à la volonté de créer un Etat palestinien. Après plusieurs années de lutte, les palestiniens et Israël concluent la paix et le Fatah choisit la voie modérée. Le Hamas et d’autres groupes armés prennent le contrôle de la bande de Gaza en 2006 et continuent la lutte armée avec Israël. Cette lutte armée est caractérisée par la violence : tirs de rouettes de Gaza vers Israël, réponse de l’aviation israélienne par des  bombardements à Gaza, assassinats ciblés menés par Israël.
I-                   APERÇU HISTORIQUE DE LA QUESTION PALESTINIENNE
Le conflit israélo palestinien  est au départ un conflit opposant, depuis la création de l’État d’Israël, en 1948, l’État hébreu à ses voisins arabes et à la communauté palestinienne dans les territoires occupés.
1-      La création de l’Etat d’Israël
   En 1920 la Grande-Bretagne est mandatée par la Société des Nations (SDN) pour administrer la Palestine afin de favoriser l’établissement d’un foyer national pour les Juifs de Palestine. L’expression suscite l’hostilité des sionistes et celle des États arabes voisins. Pour les premiers, la formule de « foyer national » reste fort éloignée de leurs aspirations, et ce d’autant plus que dans l’esprit de la puissance mandataire, s’il existe dorénavant un foyer national en Palestine, celui-ci n’est pas destiné à devenir un foyer pour le peuple juif. Pour les populations arabes, l’existence d’une communauté juive qui se structure comme un quasi-État, au-delà même du fait national qui n’existe pas encore, est perçue comme une provocation supplémentaire de l’impérialisme colonial des Occidentaux, imposant une présence étrangère sur le sol arabe. La période du mandat britannique est marquée par de multiples conflits nourris, de part et d’autre, par des nationalismes intransigeants, qui vont se muer en conflit d’États à États lorsqu’en 1948, Israël proclame son indépendance en application du plan de partage de la Palestine élaboré en 1947 sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le rejet d’Israël par les nations arabes se manifeste sur le terrain militaire, dès le lendemain de la déclaration d’indépendance. Les territoires palestiniens, occupés depuis 1967, font l’objet d’une colonisation israélienne qui implante villages et populations et multiplie les mesures vexatoires contre les palestiniens d’Israël  devenus des citoyens de seconde zone. La défense de la cause palestinienne va alors devenir, pour les régimes arabes nationalistes, un argument politique permettant d’asseoir leur légitimité. Le conflit israélo-arabe devient alors une « guerre de l’intérieur » opposant Israël à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) créée en 1964 et dirigée depuis 1967 par Yasser Arafat.
1-      L’intifada et le projet d’un état palestinien indépendant
      La nécessité d’un processus de paix s’impose et trouve une première concrétisation avec l’accord israélo-libanais de 1983 et jordano-palestinien de 1985. Toutefois, ces avancées sont insuffisantes pour empêcher un soulèvement des populations palestiniennes des territoires occupés en 1987, qui prend le nom d’Intifada ou de « guerre des Pierres ». Il s’agit tout autant de voir se concrétiser l’espoir, vieux de 50 ans, de connaître une terre palestinienne autonome, que de protester contre les colonisations juives qui ont lieu sur ces territoires. La répression menée par l’armée israélienne, qui ne vient pas à bout de ce soulèvement, va paradoxalement relancer le processus de paix. A la suite de la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées, une seconde Intifada voit le jour. L’escalade continue en 2001 avec l’intervention de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le bouclage des Territoires occupés et les attentats des extrémistes palestiniens.
2-      Le retrait d’Israël de la bande de Gaza
L’espoir de paix renaît alors que les 21 implantations juives de la bande de Gaza ainsi que 4 des 120 colonies de Cisjordanie sont évacuées par l’armée israélienne en août 2005, dans le cadre d’un plan de désengagement initié par Israël et visant à la fois à « améliorer sa sécurité et à redynamiser le processus de paix avec les Palestiniens ».
                    3-  Le processus de paix
            La signature des accords de Camp David entre Israël et l’Égypte reste sans effets sur l’attitude de l’OLP vis-à-vis de l’État hébreu qui multiplie les actions terroristes à partir du territoire libanais, ce qui engendre l’opération « Paix en Galilée » qui conduit au massacre du camp palestinien de Sabra et Chatila. Les négociations s’engagent alors, selon une base de négociations qui propose la paix en échange de territoires pour les Palestiniens. Elles aboutissent à la signature des accords de Washington, négociés à Oslo, le 13 septembre 1993. Depuis cette date, une « autonomie » a été accordée en faveur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, administrée par une autorité palestinienne présidée par Yasser Arafat. Les avancées du processus de paix se heurtent encore à des hostilités de part et d’autre, l’autonomie ne s’étant pas concrétisée par la constitution d’un État palestinien indépendant. Toutefois, il a le mérite d’avoir mis un terme à 50 ans de conflits entre les deux parties.

II-                LES ELECTIONS LEGISLATIVES DE 2006 ET LA PRISE DU POUVOIR PAR LE HAMAS A GAZA
      La mort de Yasser Arafat, en novembre 2004, qui n’était plus considéré comme un  interlocuteur valable  pour des négociations de paix aux yeux des États-Unis et d’Israël, et l’élection de Mahmoud Abbas à la présidence de l’Autorité palestinienne en janvier 2005, permettent d’envisager une nouvelle donne. Considéré comme un dirigeant modéré et pragmatique, le nouveau leader palestinien bénéficie du soutien des  parrains  du processus de paix, ainsi que des signes d’ouverture provenant du nouveau gouvernement d’union nationale israélien mis en place en janvier 2005 par Ariel Sharon.
1-      Les élections palestiniennes de 2006
     La victoire du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) aux élections législatives de janvier 2006 lui permet de gouverner la bande de Gaza par la force. Le Hamas exclut en effet la reconnaissance de l’État d’Israël, même si son aile la plus modérée et pragmatique accepte la solution d’une trêve de longue durée .Dans le même temps, tandis que le président Mahmoud Abbas et les leaders du Hamas peinent à mettre en place un gouvernement d’union nationale, la tension entre les partisans du Fatah et ceux du Hamas augmente au point de dégénérer presque en guerre civile au cours du printemps 2007. Le 14 juin 2007, Mahmoud Abbas  qui bénéficie du soutien de la communauté internationale, déclare l’état d’urgence et limoge le Premier ministre ; le Hamas prend alors le contrôle de la totalité du territoire de Gaza, divisant de fait les Territoires palestiniens en deux entités politiques. Le Hamas contrôle la bande de Gaza avec les autres groupes terroristes comme le Djihad islamique, les brigades des martyrs d’Al-Aqsa, les brigades de ZZedine-el-Qassam. Le slogan de ces groupes armés de Gaza est de continuer la résistance palestinienne contre Israël qu’ils appellent l’occupant. Le Hamas dénonce le révisionnisme du Fatah dirigé par Mahmoud Abbas et ne reconnait pas l’Etat d’Israël. Il est important de noter que ces groupes armés sont financés par d’autres pays arabo-musulmans : l’Iran qui finance le Hamas, qui forme ses soldats, qui fournit les rouettes, les missiles et les techniques de creusement de tunnels pour atteindre Israël. Le Hamas est le bras armé de l’Iran près d’Israël. Le Hamas est également soutenu par le Qatar, la Turquie islamiste d’Erdogan, les frères musulmans égyptiens, le Hezbollah libanais. La bande de Gaza zest comme une jungle où le groupe armé le plus puissant impose son hégémonie. Le Fatah a tenté de désarmé le Hamas avec le soutien d’Israël, mais sans succès.
1-      L’intransigeance du Hamas et les guerres entre Israël et la bande de Gaza
Les groupes armés de Gaza à l’instigation du Hamas, de l’Iran et même du Liban ont toujours continué la lutte contre Israël par les attentats, le creusement de tunnels pour atteindre Israël et enlever les civils et militaires. Le Hamas refuse de reconnaitre l’existence d’Israël. En dehors des escalades brèves, la première guerre entre Israël et les groupes armés palestiniens commence en 2008.Les violences se poursuivent avec les tirs de  rouettes de Gaza vers Israël et la riposte de l’aviation israélienne. Depuis cette opération militaire « Plomb durci » lancée par Israël, la bande de Gaza est sous le blocus d’Israël .Tout ce qui entre à Gaza est contrôlé par Israël par le passage de Kerem shalom, contrôlé par l’armée israélienne, ou encore le terminal de Rafah contrôlé par l’Egypte. Le port de Gaza est contrôlé par Israël. On observe une pénurie à Gaza : pas d’infrastructures, pas d’eau, pas de transport, dictature des groupes armés qui forcent la population à payer les impôts pour financer la guerre, répression des palestiniens qui collaborent avec Israël, enrôlement forcé des palestiniens dans les milices. Les groupes armés palestiniens tirent régulièrement les roquettes en Israël, principalement dans les villes du Sud ; Ashdod, Sdérot, Beersheva et l’aviation israélienne répond en visant les cibles militaires du Hamas dans la bande de Gaza. Ces violences sont régulières et alimentent un cycle de violence. Pour dissuader le Hamas et l’obliger à conclure un cessez-le feu, le Mossad (Agence de renseignement israélienne) procède aux assassinats ciblés des chefs de ces groupes armés, comme Cheikh Yassine, l’ancien chef du Hamas. Des trêves brèves et fragiles sont obtenues grâce à la médiation de l’Egypte. Les flottilles déployées en 2010 pour l’aide humanitaire et visant à briser le blocus de Gaza ont été empêchées par Israël d’entrer dans cette enclave .En 2014 Israël lance une deuxième opération militaire dans la bande de Gaza dénommée « Protective Edge », bordure protectrice en réponse aux tirs de roquettes du Hamas en territoire israélien .De nombreuses cibles sont détruites à Gaza ainsi que les assassinats ciblés. Cela dissuade le Hamas qui conclut une paix fragile grâce à la médiation de l’Egypte. La politique diplomatique de rapprochement d’Israël avec les pays arabes, initiée par Benyamin Netanyahou a fait diminuer l’intensité des opérations militaires israéliennes à Gaza, entrainant  la colère des opposants politiques à Netanyahu  et des faucons, partisans du « Grand Israël »
2-      Le problème de Gaza et la « Marche du retour de 2018-2019  » divisent la classe politique israélienne
La marche du retour est une marche initiée en 2018 par les responsables des groupes armés palestiniens de Gaza et principalement du Hamas. Elle  se fait par une mobilisation générale de la population gazaouie, tous les vendredis après la prière  à la frontière avec Israël pour commémorer la Nakba (catastrophe chez les palestiniens), l’exode des palestiniens de 1948.La date de cette marche, le 15 mai correspond également  à celle prévue pour le transfert de l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. La grande marche prend la forme d’une mobilisation et de confrontations .Les gazaouis mobilisés lancent des pierres sur les soldats israéliens et envoient les ballons incendiaires en Israël .Des snipers palestiniens ciblent des soldats israéliens. Cette marche du retour  a plongé les deux parties dans un cycle de la violence en 2019 qui a été marqué par les tirs de plus de 100 rouettes en Israël pendant le mois de mai 2019.Le long de la frontière, la tension reste vive avec la construction de tunnels par le Hamas permettant à ses combattants d’infiltrer Israël. Les palestiniens réclament à Israël les meilleures conditions de vie, la construction d’un aéroport ainsi qu’un port à Gaza. Israël pour punir le Hamas ferme le passage de Kerem Shalom, réduit la zone de pèche pour les gazaouis et procède aux bombardements dans la bande de Gaza. La gestion molle de la marche du retour a été dénoncée par les adversaires politiques de Netanyahou dont  Avigdor Lieberman, ultranationaliste et ministre de la défense qui avait fait l’alliance avec Netanyahou pour lui permettre d’obtenir la majorité pour former un gouvernement. Cette situation a Gaza a entrainé la démission de Lieberman du poste de ministre de la défense après une opération militaire menée par Israël en Avril  2019 à Gaza qui a couté la vie à un lieutenant colonel de l’armée israélienne



Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a annoncé sa démission ce mercredi, plaçant le gouvernement de Benjamin Netanyahu dans la tourmente au lendemain d'un accord de cessez-le-feu avec les groupes palestiniens dans la bande de Gaza. 







 Lieberman dénonce le laxisme de Netanyahou, ainsi que l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Benny Gantz. La marche du retour a provoqué une crise politique en Israël qui a débouché sur les élections anticipées en mars où Benyamin Netanyahou a été réélu premier ministre, mais la perte de son alliance avec Avigdor Lieberman, partisan d’une action militaire forte d’Israël envers le Hamas à Gaza a fait resurgir une crise politique et un nouvel appel à des élections anticipées qui auront lieu en septembre 2019 en Israël;
                                         
La question palestinienne est l’une ses question les plus préoccupante du globe qui semble être oubliée .La bande de Gaza est contrôlée depuis 2007 par le Hamas et d’autres groupes armés qui tirent de roquettes sur Israël, terrorisant les civils et ciblant les militaires .Malgré le développement de systèmes anti-missile « Dôme de fer » Iron dome par Israël, les roquettes du Hamas sèment tout de même la panique en Israël et les différentes guerres avec Gaza ont des conséquences politique en Israël. Toutefois, pour qu’une véritable paix naisse, le processus de paix doit aboutir à des solutions complètes et inclusives.


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